Pour en finir avec le débat « pour ou contre le R+ »

Il est de ces sujets qui stigmatisent les gens, le débat du « Pour ou contre le R+ » en est un, et on ne parle pas de l’alimentation du chien…

De mes quarante-sept ans, j’ai pu assister à un changement spectaculaire de la relation homme-chien. D’un animal-objet, outil de travail que l’on consomme comme tel, le chien est devenu un membre de la famille.

L’éclosion de la « science de l’éducation canine » comme certains l’appel aura permis d’éveiller ce que l’homme sait pourtant depuis longtemps: plus un être vivant est bien dans son corps, mieux il est dans sa tête et plus agréable il sera pour notre entourage.

La vrai question n’est pas de savoir si le R+ « ça marche », puisque la réponse est que oui, ça fonctionne, c’est prouver et valider des millions de fois.

Oui, le discours pro R+ est parfois « prêchi-prêcha », mais que le discours de ceux qui sont contre, fait penser à celui qui doute des changements climatiques…

Bien sûr cette « science » n’a pas réponse à tout. Il y’a encore tant d’inconnu, de « cas mystère ». Il reste tant à découvrir. Déjà s’élèvent des voix pour affirmer que le R+ peut aussi être une source de stress importante, le contraire du but rechercher. Et le stress, induit en R+ ou par une technique aversive, demeure néfaste et contre-productif. On peut aussi s’interroger sur la pertinence de vouloir tant en « apprendre » ou en imposer aux chiens avec un cliquer ou non.

Quand l’objet de notre étude est le vivant, on peut s’attendre à bien des surprises, bien des découvertes pour encore beaucoup, beaucoup d’années. D’autant que l’on comprenne encore bien mal l’humain, bien malin celui qui prétends avoir tout compris du chien.

À mon humble avis les questions à se poser sont plutôt: quelle est notre conception de la place du chien dans la vie de l’humain ? Est-ce que le chien est là pour nous servir? Est-il à notre disposition? Dois-t-il faire uniquement ce que je veux, quand je veux? Est-il prisonnier de mes volontés? Quelle intérêt mon chien as-t-il de faire ce que je veux qu’il fasse? Est-ce que mon chien peut faire ce que fais un chien? Est-ce que mon chien est heureux? Vraiment? N’est-ce pas moi qui est heureux qu’il fasse ce que JE veux et non ce que LUI veux?

Au-delà de la technique, de ses imperfections ou des résultats, le R+ aura le mérite de considérer le chien pour ce qu’il est, un être sensible, vulnérable. Au-delà du R+ il ne faut pas perdre de vue, que nos chiens ne nous ont rien demandés. Ils n’ont rien choisis. NOUS les avons choisis. NOUS sommes responsables de ce qu’ils sont ou seront. Si je ne suis pas satisfait de mon chien, j’en suis le seul responsable. Mon chien n’est que le résultat des tous les choix que j’ai fais avec lui: choix de sa provenance, choix de mon milieu de vie, choix de l’éduquer ou non, choix de prendre du temps ou non, choix d’apprendre, de pratiquer ou non, etc.

Pour ma part, je suis de ceux qui croient et qui ont constaté qu’aucun être vivant ne peut révélé son plein potentiel avec des interdits, des réprimandes, des corrections, verbales ou physiques. On dit souvent qu’il n’y a pas de petit vol, un vol est un vol. Je dis qu’il n’y a pas de petite violence, la violence est la violence et, personnellement, je n’en veux pas dans ma vie.

Je pense aussi qu’avant de demander à mon chien de changer, je me dois de me demander ce que je peux aussi changer. Et surtout, ce que je fais avec un chien dans ma vie.

Après des centaines, voir plus d’un millier de chiens que j’ai connu, côtoyé, avec qui j’ai travaillé et avec tous ceux avec qui j’ai partager ma vie, la conclusion que je tire, c’est que finalement, la nature est pas mal plus grande et merveilleuse que mon égo.

Un autre texte à ce sujet ici.

Si vous souhaitez explorer cette façon d’évoluer avec votre chien et souhaitez de l’accompagnement, le coaching canin de Manitou est là pour vous!

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