Thérapie par le canicross

Étude de cas

Mise en garde

Nous ne prétendons aucunement déterminer que ce soit, cette thérapie par le canicross est une expérimentation que nous partageons. Il faut tenir en compte que le chien dont il est question est né ici et donc, notre regard sur lui est empreint d’émotions.

Le sujet

Printemps, alaskan mâle fertile de 1,7 an, né au Ranch Canin Manitou. Il est issu d’une lignée de Mackay (père) Swingley (mère), le dernier d’une portée de 5 chiots.

La situation

Printemps a reçu les mêmes soins, le même amour que ses frères et soeurs. Dieu sait qu’il a été manipulé de partout depuis ses premières secondes de vie. Il a été élevé au meilleur de nos connaissances, formations et aussi avec tout ce que l’on ne sait pas, puisqu’on apprend à chaque fois!

Il s’est avéré que tout jeune, on a pu constater que Printemps n’apprécie pas du tout le contact humain. Bien sûr nous avons pris soin de ne pas nous imposer ou de tenter de forcer quoi que ce soit. Dès son jeune âge il a peur de tout, du vent, de l’eau. Tout ce qui est nouveau est coupable d’être nouveau, même si cette nouveauté est inerte, inodore et silencieuse. Plus le temps avance, plus il se referme. À l’adolescence, lors d’une série de soins nécessitant de la contention, tout a dégénéré. Impossible pour moi de m’approcher depuis. On est loin du harnais, bien loin du traineau!

Nous avons tenté de lui donner l’espace, de respecter son rythme, de changer d’environnement. Nous avons tenté le contre conditionnement. Nous avons eu certains succès, mais accompagnés de revers. D’autant que la mission de contre conditionnement semble s’adresser à toute l’univers. Anne-Marie a fait un peu de progrès, mais en période de traîneau, le temps manque et la situation stagne.

Comme plein de « parents canins », nous vivons des émotions difficiles. C’est dur de constater qu’un chiot né dans nos mains a aujourd’hui peur de nous, n’est pas bien du tout en notre présence.

Nous vivons évidemment durement ce que nous considérons un échec même si notre vétérinaire avance la thèse d’un trouble neurologique. Sommes-nous devenus incompétents? Évidemment nous nous posons la question; que faire de lui? Il ne peut vivre dans la peur indéfiniment. Nous devons pouvoir au moins le manipuler pour ses vaccins, vermifuges, coupe de griffes. À chaque fois il nous force l’immersion. Et le moindre progrès que nous avions accompli disparait et nous fait recommencer à la case départ en plus d’être difficile pour lui comme pour nous.

Comme plein de « parents canins » nous ressentons le sentiment désagréable d’impuissance.

Que faire?

Le placer dans une autre famille? On a essayé. Ç’a été une catastrophe que l’on regrette. L’euthanasie? Vivre dans ce contexte, c’est pénible pour lui comme pour nous. Mais notre égo nous en empêche. Notre « fils »! On ne peut pas lui faire ça! Alors il ne reste finalement qu’à faire de que l’on recommande à nos clients et qui souvent est le plus dure, prendre du recul et regarder froidement la situation et :

  • Laisser de côté nos attentes
  • Se doter d’un plan
  • Morceler le plan
  • L’appliqué avec constance et patience
  • S’intéresser au processus
  • Célébrer toutes les petites victoires
  • Réviser et recommencer

Nous décidons que pour les prochaines semaines, il vivra à temps plein avec nous à l’intérieur même si ça implique une forme d’immersion. Pour contrôler son environnement, éliminer le plus de sources de peur possible. On mise sur une routine stable de contact avec du p’tit poulet qu’il adore.

Nous miserons aussi sur le fait que:

  • Printemps démontre de la peur, mais il est aussi intéressé, curieux
  • Il aime manger
  • Anne-Marie lui fait moins peur que moi
  • Anne-Marie a réussi à lui mettre le harnais et à le désensibiliser à la pression des épaules


Ce que nous savons

  • Nous devons réduire l’adrénaline et augmenter l’endorphine, la dopamine.
  • C’est un chien issu d’une sélection génétique axé sur le développement de propriétés et de qualité physique pour des marathons canins.
  • L’activité cognitive est épuisante et efficace, mais dans le cas de Printemps, c’est de beaucoup trop stressant.

Ce que nous faisons

Une thérapie par le canicross
Depuis 2 semaines, nous multiplions les sorties de canicross avec lui. Anne-Marie d’abord, c’est plus facile pour le harnais, et moi j’en fais après elle, une fois qu’il est plus détendu par la fatigue. Nous établissons une routine ou tout ce passe de la même façon, dans les moindres détails. On lui laisse toujours l’initiative et on s’assure que tout soit positif. Pas question de le laisser s’emmêler et paniquer avec la ligne de trait!

Ce que nous avons observé

  • Il est de beaucoup plus calme, chaque sortie se fait de mieux en mieux
  • Il est un naturel de la traction, de la course
  • Il est plus enjoué et s’intéresse plus à nous
  • Pour le moment la fatigue physique l’emporte sur le cognitif pour lui procurer plus d’endorphine et de dopamine et réduire l’adrénaline

Ce que nous constatons

  • Pour l’instant c’est très positif
  • Réussirons-nous à le rendre plus confiant sur le long terme
  • C’est très exigeant. Dans notre contexte de vie, ça prend beaucoup de temps que nous devons soustraire
  • d’un horaire déjà bien garni.

Pourrons-nous maintenir le rythme sans négliger les autres membres de la famille?

À suivre!

Vous aimeriez expérimenter le canicross?

Qu’est-ce qui fait courir les chiens de traîneau?

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