Maltraitance & traîneau à chiens

Étant musher, je rage de lire des nouvelles semblables. Faire l’élevage, vendre, garder ou posséder des animaux devrait être un privilège assorti d’une formation obligatoire. C’est comme ça que l’on peut éliminer les problèmes à la source. Autrement, on perd son temps et il y aura d’autres situation tant que n’importe qui peut avoir n’importe quel chien pour faire n’importe quoi.

Les animaux ont nourri l’humain, ils l’ont transporté d’un endroit à l’autre, l’ont protégé, défendu au péril de leur vie, l’ont cherché et trouvé dans des avalanches et autres situations, ont gardé ses troupeaux, ont détecté des mines, transporté des messages importants, etc.

Les conditions de vie avant les quelques dizaines dernières années ne laissaient guère le luxe ou le temps de réfléchir à la qualité de vie de ces animaux. Un arbre, une plante, une pierre, un cheval sont la même chose, des outils. Il est indéniable que la relation des hommes et des animaux était tout à l’avantage de l’homme et au détriment de l’animal. Qui aurait voulu être un cheval au temps de camps de bucherons? Sans aucun doute que l’homme a exploité les animaux. Comment pouvait-il en être autrement?

De nos jours, il reste bien peu de tâches que l’humain ne peut accomplir de meilleure façon qu’en utilisant des animaux. Dans ce contexte, il faut admettre qu’on peut et on doit remettre en question le fait de contraindre des animaux à accomplir des tâches qui ne nous sont plus « essentielles ». Certains poussent plus loin et suggèrent de laisser les animaux en paix. Tout n’est pas si simple. L’humain a domestiqué un grand nombre d’espèces, les laisse-t-on à elles mêmes?

Une relation homme-animal saine et profitable à tous est possible. Comme une relation saine entre l’homme et la nature est possible. Comme une relation saine de l’humain à l’humain est possible. Mais l’humain étant ce qu’il est, c’est pas nécessairement facile, il semble qu’il doit se réguler pour y arriver.

Aujourd’hui, si on a des animaux, c’est par choix et non par nécessité. Même qu’avoir des animaux, c’est un luxe considérant les coûts et les responsabilités inhérentes. Si on possède des animaux, c’est pour agrémenter notre vie.

Quand on choisit d’avoir des animaux, on choisit aussi la responsabilité de leur offrir le meilleur environnement possible, les meilleures conditions de vie possibles. Il est normal et souhaitable que l’accessibilité sociale du traitement des animaux évolue et quand on a des animaux, on doit s’adapter à l’évolution de la société. Je pense aussi qu’il est sain que les questions de bien-être animal n’impliquent pas juste les propriétaires d’animaux. Bien que ceux-ci ont une indéniable expérience, tous ne sont pas égaux dans leur formation. Ce n’est pas parce que j’ai eu des chiens toute ma vie que je sais tout, loin de là.

Comme on ne fait du traîneau que pour s’amuser, même si c’est fait commercialement, rien, mais rien ne doit être sacrifié pour protéger les chiens. Comme pour toutes activités faites avec des animaux.

Il est nécéssaire d’être vigilant, de ne pas laisser nos intérêts personnel prendre le dessus, il est facile de s’emporter, de chercher à vouloir allez trop loin, trop vite. Il est facile de perdre de vue, que le chien, lui, n’as pas demandé ce sport.

Faut admettre que plus personne n’a « besoin » de faire du traîneau à chiens. Soyons vigilants, soyons humble.

Qu’y gagne le chiens à tirer un traîneau?

Fait dans les règles de l’art, cette activité permet de répondre de très belle façon aux besoins d’activités du chien, tels que ne décrits par le vétérinaire comportementalisme belge Joel Dehasse dans son livre « Mon chien est heureux : Jeux, exercices et astuces ». Le sport de traîneau procure aux chienx l’activité de locomotion, de par la course, l’activité cognitive de par l’éducation nécessaire pour obtenir sa collaboration dans la tâche complexe qu’est de courir en équipe, l’activité socialisation, impérative dans ce sport, l’activité du jeu sans lequel rien n’est plaisant, les activités alimentaires, masticatoires, la sécurité, en plus de tous les soins nécessaires à leur condition d’athlètes.

Comment faire un choix éthique pour vivre une expérience authentique et unique de traîneau à chiens?

Choisissez une organisation ou votre satisfaction et le bien-être des chiens passe avant tout!
Celle-ci devrait au minimum avoir et/ou appliquer :

– Son permis du MAPAQ
– Un protocole d’entretien sanitaire affiché
– Un protocole d’exercice pour l’année au complet affiché
– Des chiens vaccinés (les virus se propagent facilement via les vêtements et les souliers)
– Un plan de contrôle de naissance
– Un plan de gestion de du cycle de vie complète du chien, de la naissance à la retraite, à l’euthanasie
– Des guides formés en comportement animal et en interprétation
– Programme de gestion de risque
– Une formation de premiers soins à jour pour l’humain, comme pour chien
– Fournir une formation sur l’approche sécuritaire des chiens
– Un suivi vétérinaire
– Un registre des chiens
– Un programme d’entrainement, d’éducation et de socialisation
– Un programme de gestion de comportement et de réduction du stress et de l’anxiété
– Un programme alimentaire adapté au besoin calorique quotidien qui tient compte de l’effort et de la température
– Une protection aux températures adéquate et correspondant aux caractéristiques de chaque chien: poils, sous poils, âge et conditions de santé
– Une police d’assurance adéquate
– Un service à la clientèle impeccable, du premier au dernier contact.

Vous devriez pouvoir avoir aux chiens et visiter le chenil à l’année.
Aucune intimidation physique ou verbale ne devrait être tolérée.

Le traîneau à chien devrait être pratiqué de sorte à encadrer une des activités les plus naturelles du chien, soit de courir, et ce uniquement dans un esprit de collaboration et non d’exploitation.

Manitou Mushers à choisi d’offrir à ses chiens une vie sans chaîne, en enclos et parc à chiens et appliques exclusivement le renforcement positif et les techniques de Ttouch pour l’entraînement et l’éducation de ses chiens.

Nous ne proposons pas une randonnée de traîneau à chiens, mais bien une expérience de vie!

Les animaux sont nos frères, ici aucun chef de meute, de soi-disant chien-loup, de rapport de dominance et soumission, simplement une famille canine qui souhaite jouer et courir avec vous!

Devant l’absence d’encadrement de la pratique du traîneau à chien au Québec de la part des autorités et de l’industrie, nous appliquons le code pratique de la province de la Colombie-Britannique créer en 2012 par la communauté universitaire, le gouvernement du CB, des vétérinaires, des organismes de défenses du bien-être animal et de l’industrie de cette province.

Nous nous intéressons à essayer de comprendre cette relation unique et complexe qui unis l’homme et le chiens dans une odyssée bien particulière. On aime se remettre en question. Pourquoi avons nous des chiens? Serais-t-ils mieux ailleurs? Que gagnent-ils à être chez-nous? Que pouvons-nous faire de mieux?

Ce texte est une invitation à poursuivre cette réflexion sans affirmer avoir raison et surtout à rappeler qu’il n’y a pas plus de cruauté et de délinquants dans le monde du traîneau à chiens que dans le reste de la population.

« On reconnaît la grandeur d’une nation à la manière dont elle traite ses animaux. »- Gandhi
Le Québec fait figure de cancre. Nous sommes tous responsables, il y a matière à réfléchir.

http://www.journaldemontreal.com/2016/06/09/1800-damende-pour-la-mort-de-chiens